L'argent du bonheur

Marie-Laure Brunet, Sylvie Becaert, Marie Dorin et Sandrine Bailly, par ordre d'apparition, remportent mardi 23 février à Whistler la médaille d'argent du relais 4x6km derrière la Russie, à l'issue d'une course où elles sont passées par toutes les émotions. Les Françaises racontent leur journée dans le stade de biathlon de Whistler. Ou comment elles ont remporté la 6ème médaille du biathlon français dans ces Jeux !

Première relayeuse : Marie-Laure Brunet :
« Mon premier objectif, c'est de sortir en tête à la poussée. C'est un pari que nous avons fait avec les copines. Je suis aussi déterminée à être maline et à bien tirer. Le « couché » se passe bien, le debout un peu moins, je fais deux pioches. Mais je vois que la Russe Anna Bogaliy-Titovets n'est pas si loin devant moi. Alors je pose le cerveau et j'y vais à fond. J'ai des super skis, je suis bien en jambes. Je la rattape et je passe le relais à Sylvie en tête. C'est ma satisfaction !»

Deuxième relayeuse : Sylvie Becaert
« J'avais dit à Marie-Laure : si tu ne me lances pas en tête, je vais te faire la gueule ! Je me cale derrière la Russe et l'Allemande, bien consciente que l'on ne peut pas faire de gros écarts sur cette piste très rapide. J'ai décidé de me lâcher au tir pour ne pas avoir de regrets, de donner mon meilleur pour les copines. Je fais le «couché » en 23 secondes ! Pour le debout, j'avais un peu peur, car c'est mon point faible. Je décide d'attaquer , je ne fais qu'une faute, et je ressors contente. Je reviens sur l'Allemande, je la passe et nous sommes à la première place quand je lance Marie Dorin »

Troisième relayeuse : Marie Dorin
« Je me sens très bien sur les skis, j'arrive sur le stand pour le tir couché et là, c'est la cata ! Je ne mets pas les balles, je ne sais plus où je suis. D'habitude, c'est mon point fort, et là, je me retrouve à faire deux tours de pénalité ! Cela ne m'était jamais arrivé. Je ressors très énervée, très déçue pour les copines. J'ai les boules, j'estime avoir fait "foirer" ce relais. Mais finalement, j'ai une super glisse, et je me donne à fond en me disant aussi qu'à me mettre dans le rouge, je vais manquer de lucidité sur le tir debout. En fait, cela ne se passe pas trop mal. Je donne à Sandrine Bailly en 3e position, trop triste, tellement triste que je ne veux pas regarder la suite de la course. C'est vraiment trop horrible... »

Quatrième relayeuse : Sandrine Bailly
« Quand je m'élance, je ne connais pas les écarts. Je suis déjà dans ma course. Je me dis que je n'ai pas le droit à l'erreur. Je sais que j'ai des super skis, et le mot d'ordre que nous nous sommes passées c'est « rester calme ». Donc, je ne me sens pas tendue par rapport à l'enjeu. Au couché, je fais une pioche, mais la concurrente ukrainienne qui tire en même temps que moi pioche aussi. Et je me dis « non, nous ne finirons pas 4e ! ». en sachant que tout va se jouer au tir debout. Là, les filles qui sont devant moi ratent des cibles. Je repars troisème et j'entends les coaches me crier que l'Allemande devant moi (Martina Beck) n'est pas au mieux. J'y vais donc à fond pour la rattraper. Je la dépasse, j'entre dans le stade et je la vois une quinzaine de mètres derrière. Je prends donc le temps de savourer la dernière ligne droite. Ces quelques instants si précieux avant d'être emportée dans le tourbillon médiatique ».

Les quatre relayeuses :
« Nous ne sommes pas quatre, nous sommes cinq, avec Julie Carraz-Colin, la remplaçante. Nous avons vécu tous ces Jeux ensemble. Elle comptait beaucoup sur nous pour gagner cette médaille ».

Marie Dorin
« J'ai pleuré après mon relais. C'était horrible, puis Sandrine a passé la ligne en 2e position, alors je dis merci les copines ! Merci le staff ! Merci pour ce bonheur ! »

Conclusion par Sandrine Bailly
« Il y a quatre ans à Turin, nous étions troisièmes. Cette année, nous gagnons la médaille d'argent. Donc, les filles seront championnes olympiques en 2014 à Sochi ! Mais ce sera sans moi. J'arrête ma carrière. Mais je serai là pour les supporter ! Je tiens aussi à souligner notre petit plus : la super glisse dont nous avons bénéficié durant tous les Jeux. 10 journées au dessus de la moyenne. C'est un travail collectif avec tous les techniciens, ceux du ski nordique aussi, cette formidable machine à stucturer qui coûte si cher qui qui vaut le coup ! C'est clair, ils ont su trouver le truc à Whistler.

Je dois dire que nous sommes bien contentes de nous retrouver toutes les quatre, au moment de monter sur le podium. Le bonheur que nous avons à nous retrouver dans l'intimité, cela reflète l'esprit de notre groupe. Nous ne sommes pas forcément les meilleures amies du monde, mais nous nous unissons pour performer ensemble. C'est notre force ! ».

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